Sécurité sur les chantiers : les ouvriers du BTP mobilisés

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13 novembre 2017
Par Diane Charbonnel
Près d’un mois après la mort d’un ouvrier sur un chantier de Bacalan à Bordeaux, des ouvriers se sont mobilisés pour dénoncer le non-respect des règles de sécurité.

Tous les jours, un ouvrier décède sur un chantier en France selon des chiffres de la Sécurité Sociale. C’est ce qu’a voulu rappeler la CGT construction, bois et ameublement de Gironde lors d’une manifestation la semaine dernière dans le quartier Bacalan à Bordeaux. Une manifestation qui fait suite à la mort, deux semaines plus tôt, d’un ouvrier sur le chantier d’une résidence rue Delbos. Ce maçon, âgé de 47 ans, serait tombé d’un immeuble en construction avant de s’écraser sur une terrasse en contrebas. Il aurait fait une chute de dix mètres. Les pompiers n’avaient pas réussi à le ranimer. Une enquête est toujours en cours pour déterminer les circonstances exactes de l'accident.

Le non-respect des règles de sécurité

Suite à ce drame, la vingtaine d’ouvriers rassemblée la semaine dernière à Bordeaux a voulu dénoncer le non-respect des règles de sécurité sur la plupart des chantiers en France. Même ceux menés par des grands groupes de BTP. « Concrètement, il est possible de respecter vraiment toutes les consignes de sécurité sur un chantier et l’entreprise peut les mettre en œuvre, explique Denis Bautinaud, secrétaire régional de la CGT construction, bois et ameublement de l’Aquitaine. Pourtant, elles ne sont pratiquement jamais suivies pour une question de coûts et de délais à respecter. » Selon le syndicat, la pression serait encore plus forte sur les sous-traitants et les travailleurs détachés.

Quant à l’inspection du travail, de moins en moins de moyens lui seraient accordés pour faire déplacer ses inspecteurs sur les chantiers.

Construire vite

À Bordeaux, les constructions s’enchaînent pour faire face à une hausse de la population. La ville devient de plus en plus attractive et doit construire des logements pour accueillir ses nouveaux habitants. « Construire vite n’est pas contradictoire avec le fait de construire en toute sécurité, poursuit Denis Bautinaud. Mais les entreprises ont descendu leurs effectifs au plus bas sous prétexte de la crise, ce qui entraine forcément une dégradation des conditions de travail et de sécurité. »

D’autres manifestations pourraient s’organiser prochainement.