Violences : les éducateurs du foyer de l'enfance d'Eysines à bout

06 avril 2017
Par Rédaction
Des salariés du Centre Départemental de l'Enfance à Eysines ont décidé d'interpeller les élus sur les problèmes de violences rencontrés dans le foyer.

 

Ca fait maintenant plus d’un an qu’ils demandent plus de moyens. Les éducateurs et autres agents du Centre Départemental de l’Enfance et de la Famille à Eysines en Gironde ont décidé de se faire entendre. Ils ont envoyé une lettre ouverte aux médias, aux élus du département et même au président de la République pour parler de l’insécurité qui règne dans le centre. Ils sont confrontés à de plus en plus de violences de la part des jeunes. Des bagarres, des fugues, des agressions entre enfants... et même des viols.

Des enfants parfois atteints de troubles psychiatriques

Depuis quatre ou cinq ans le centre accueille des jeunes qui souffrent pour certains de troubles comportementaux lourds. Des enfants et adolescents qui demandent un accompagnement individualisé. Pour les salariés les moyens n’ont pas suivi. Le foyer d’Eysines, le plus important de l’agglomération bordelaise, accueille en moyenne 130 enfants pour 225 agents. Des enfants, des bébés mais aussi des jeunes majeurs âgés de 8 jours à 21 ans. Tous ont été retirés à leurs parents sur une décision de justice.

Le personnel agressé

Les violences se multiplient au sein du centre, au moins 190 agressions ou fugues ont été répertoriées entre 2016 et 2017. Même les salariés sont aujourd’hui pris pour cible. Les scènes sont parfois surréalistes. Une aide médico psychologique de nuit a reçu plusieurs coups de poing et de pied d’enfants alors qu’elle tentait de désarmer une fille qui voulait blesser une de ses collègues avec un couteau. C’était en mars 2016. Elle souffre encore aujourd’hui d’un problème auditif. Pour les agents, les enfants ne sont plus protégés. Certains jeunes « sans problème » ressortent traumatisés du centre. Le Conseil Départemental de la Gironde explique déjà investir plus de 21 millions d’euros par an pour la protection de l’enfance.

Les salariés se réunissent ce jeudi à l’appel de la CGT pour faire le point sur le problème.