Bordeaux : un rassemblement en soutien à "Alerte aux Toxiques"

bouteilles de vin
Des traces de pesticides avaient été détectés par l'association dans 22 vins.
Crédit: Pixabay

14 octobre 2021 à 16h40 par Clara Echarri

80 personnes se sont rassemblées devant la cour d'appel de Bordeaux pour apporter leur soutien à l'association anti-pesticides.

Une association antipesticide condamnée en février pour avoir "dénigré" des vins de Bordeaux a défendu mercredi 13 octobre devant la justice son "droit" à faire appel, auquel s'oppose l'interprofession au motif qu'elle n'a pas payé les dommages et continue ses critiques "illicites". 

La question de l'appel sera tranchée le 10 novembre.  

Environ 80 personnes étaient venues apporter leur soutien à Valérie Murat, la porte-parole de l'association Alerte aux toxiques à l'appel d'une vingtaine d'organisations (associations, collectifs, chercheurs).

En septembre 2020, l'association, qui lutte en Gironde contre les phytosanitaires en viticulture, avait dénoncé la présence de résidus de pesticides de synthèse dans 22 vins (dont 19 Bordeaux) certifiés Haute valeur environnementale (HVE), sur la base d'une étude effectuée grâce à un financement participatif. Cette présence était toutefois faible et légale, selon le laboratoire lui-même.

Le tribunal judiciaire de Libourne, jugeant que la publication relevait d'un "dénigrement fautif", avait condamné en février dernier Valérie Murat et son association à verser 100.000 euros de dommages et intérêts au bénéfice du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) et 25.000 euros à cinq des 25 autres plaignants - châteaux, viticulteurs, appellations, négociants. 

Le CIVB avait stigmatisé "une escroquerie intellectuelle" alors que la militante dénonçait un "label (HVE) trompeur pour le consommateur". Les magistrats avaient assorti leur jugement d'une exécution provisoire : autrement dit, les dommages et intérêts devaient être payés immédiatement.

Mme Murat a fait appel mais ce recours au civil n'était pas suspensif et l'association devait donc payer. "On ne joue pas dans la même cour, ils veulent réglementer le droit à faire appel et le réserver aux plus riches", estime la militante, fille d'un vigneron décédé en 2012 d'un cancer reconnu comme maladie professionnelle. 

La certification HVE créée par le ministère de l'Agriculture, encourage les pratiques plus vertueuses des exploitations en matière environnementale mais n'interdit pas la présence de pesticides de synthèse. Elle est souvent associée par ses détracteurs à un label de "greenwashing".

I