Des coquilles Saint-Jacques pour construire nos routes

Publié : 6h00 par Alicia Méchin

Crédit image: Pixabay

En Normandie, une innovation inattendue attire l’attention des ingénieurs et des collectivités : la reconstruction d’une route à partir d’un liant composé de coquilles Saint-Jacques broyées.

Le chantier, achevé en juin, marque la fin d’une expérimentation originale menée par le Département, qui a souhaité tester un matériau alternatif au ciment traditionnel dans les travaux routiers.

Concrètement, des tonnes de coquilles ont été collectées puis transformées en une fine poudre blanche. Cette poudre a ensuite été intégrée au mélange utilisé pour la chaussée, jouant le rôle de base liant les granulats entre eux. L’objectif est d’évaluer la capacité de ce matériau naturel à remplacer partiellement, voire totalement, le ciment industriel habituellement utilisé.

La particularité de cette poudre réside dans sa composition : elle est constituée de carbonate de calcium quasiment pur. Or, ce composé est également présent dans de nombreux ciments classiques, ce qui explique son potentiel intéressant en tant que substitut. Utilisé comme durcisseur naturel, il pourrait offrir des performances comparables tout en réduisant l’impact environnemental des chantiers.

L’un des principaux atouts de cette solution est sa contribution à la décarbonation des travaux publics. La production de ciment étant fortement émettrice de CO₂, l’intégration de matériaux issus de déchets marins représente une piste sérieuse pour réduire l’empreinte carbone des infrastructures routières.

Par ailleurs, une filière de valorisation des coquilles est en cours de structuration en France. Des projets de collecte et de nettoyage se développent notamment en Bretagne et dans les Hauts-de-France, régions fortement liées à la pêche et à la transformation des produits de la mer. À terme, cette organisation pourrait permettre de produire plus de 30 000 tonnes de poudre de coquilles par an.

Si les résultats des expérimentations sont concluants, ce matériau pourrait ouvrir la voie à une nouvelle génération de routes plus durables, transformant un simple déchet alimentaire en ressource précieuse pour l’industrie du BTP.