Des probiotiques pour mieux protéger les grands prématurés ?

Publié : 8h00 par Alicia Méchin

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Une étude menée notamment par un pédiatre néonatologue du CHRU de Tours s’intéresse aux effets des probiotiques chez les grands prématurés. Les premiers résultats sont encourageants, mais les chercheurs restent prudents.

Une avancée pourrait se dessiner dans la prise en charge des grands prématurés. Le Dr Ayoub Mitha, pédiatre néonatologue au CHRU de Tours, est le premier auteur d’une étude réalisée avec l’Institut Karolinska de Stockholm, en Suède. Les chercheurs ont étudié les données de près de 4 700 grands prématurés nés en Suède, à un stade très précoce de la grossesse, autour de six à sept mois. Leur objectif : mieux comprendre les effets de l’administration de probiotiques à ces nouveau-nés particulièrement fragiles.

Les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui peuvent avoir des effets bénéfiques sur l’organisme. Chez les grands prématurés, leur utilisation intéresse notamment les chercheurs en raison de l’immaturité du système digestif. L’une des principales complications redoutées est en effet l’entérocolite nécrosante. Cette maladie provoque une inflammation et des lésions importantes de l’intestin et peut mettre en danger la vie du nouveau-né.

Dans cette étude, les grands prématurés ayant reçu des probiotiques présentent un risque plus faible de développer cette maladie. Les chercheurs observent également une diminution du risque de décès dans ce groupe. Des résultats qui pourraient donc ouvrir des pistes pour améliorer la prise en charge de ces enfants. Mais il faut encore rester prudent sur leur interprétation. L’étude ne permet pas, à elle seule, d’affirmer que les probiotiques sont directement responsables de cette diminution des risques.

Les recherches se poursuivent donc pour déterminer plus précisément leur efficacité et leur sécurité chez les grands prématurés. L’objectif est notamment de savoir quels enfants pourraient réellement en bénéficier et dans quelles conditions. Pour le Dr Ayoub Mitha et ses collègues, l’enjeu est important : mieux prévenir les complications digestives pourrait permettre de réduire une partie des risques auxquels sont confrontés les nouveau-nés les plus fragiles. Ces travaux pourraient, à terme, contribuer à faire évoluer les pratiques en néonatalogie.