Gironde : l'obligation vaccinale des soignants plutôt bien suivie

conférence presse ARS Benoît Ellboode
conférence presse ARS Benoît Ellboode
Crédit: Wit FM - C.E

14 septembre 2021 à 8h00 par Clara Echarri

A deux jours de l'entrée en vigueur de l'obligation vaccinale des soignants, la mesure est plutôt bien suivie d'après les derniers chiffres de l'ARS

La vaccination des soignants dans la région avance bien. C'est le message qu'a souhaité faire passer l'Agence de Santé Nouvelle-Aquitaine (ARSNA) en conférence de presse ce lundi 13 septembre. Benoît Elleboode, son directeur, a présenté les derniers chiffres : 95% des professionnels de santé libéraux ont reçu au moins une dose au 7 septembre. En France, ils sont 93,9%. Du côté des professionels en EHPAD et Unité de soins de longue durée, ils sont 90% à avoir reçu la première dose, contre 88,6 au niveau national. 

Sachant donc que ces données datent du 7 septembre, il est à parier que le taux sera plus élevé au 15, date de l'entrée en vigueur de l'obligation vaccinale des soignants. L'ARSNA salue donc la responsabilité des professionnels, qui ont donc globalement adhéré à la mesure. 

Fin août - début septembre,  sur 6500 professionels de santé dans la région, seuls 170 n'avaient pas transmis de document à  l'assurance maladie, indiquant qu'ils avaient reçu leur première dose. Un chiffre qui dimunue au fil des semaines, d'autant "que certains ne vont donner leur statut qu'à la dernière minute". 

L'ARS est-elle inquiète ? Pas vraiment, d'après Benoît Elleboode, et ce pour plusieurs raisons : 

  • parce que cette obligation vaccinale est pérenne : elle devient une condition d'exercice comme les autres vaccinations et ne va pas être levée. Tous les soignants ne l'avaient pas compris au départ.
  • "Les éventuels personnels non vaccinés ne peuvent pas mettre en péril le système, bien que certains comptaient la dessus" détaille-t-il. En revanche, il est possible que cela pose problème dans certains lieux, comme des EHPAD à effectif faible : si un soignant sur les deux n'est pas vacciné, le centre risque de manquer de personnel. "Même si c'est un petit nombre, il faut s'en soucier. Jamais un patient ne doit ne doit subir un quelconque désavantage à cause du soignant
  • Un large dispositif de contrôle sera mis en place. Les établissements contrôlent leur personnel, et l'ARS vérifie que les contrôles en questions soient bien effectués. Elle se charge également de contrôler directement les libéraux. En cas de non-vaccination au 15 septembre, un éventail de sanctions est prévu, allant de l'amende de 135€ à six mois de prison en cas de récidive. Une suspension avec retrait de la rémunération sera appliquée jusqu'à la mise en règle.

Pour le personnel soignant salarié, s'ils ne produisent pas le certificat, la suspension s'applique tout de suite. Même chose pour les professions libérales : s'ils ne sont pas en règle lors du contrôle, l'ARS considère qu'ils ne sont plus en capacité d'exercer. Il doit stopper immédiatement son activité. 
Pour les libéraux, si pas en règle lors du contrôle, constat qu'il n'est plus en capacité d'exercer : il arrête immédiatement

La CPAM avertira les assurés que les soins avec le professionnel suspendu ne seront plus remboursés. 

Tous les agents de l'ARS habilités à l'inspection peuvent réaliser les contrôles : ils sont environ 200 dans la région. "Nous aurons une tolérance 0, cela fait longtemps que l'on fait de la pédagogie. Personne ne passera à travers les mailles du filet. A noter que l'obligation vaccinale est rétroactive : si le soignant est contrôlé en novembre, il devra avoir reçu sa première dose au 15 septembre et sa deuxième au 15 octobre sous peine de sanctions. 

Pour le Docteur Jean-Louis Delabant, de l'URPS Médecin, les non-vaccinés se divisent en trois catégories : ceux qui ont une réelle contre-indication, ceux qui ont eu le Covid il y a moins de deux mois et ne peuvent pas encore se faire vacciner, et ceux qui sont réellement anti-vaccin. 

"Plutôt que de se préoccuper d'eux, on devrait s'inquiéter de l'absence de troisième dose pour les soignants en première ligne. Ceux qui ont en dessous de 65 ans la réclament, mais n'y ont pas le droit". 

De son côté, le syndicat Sud Santé Sociaux du CHU de Bordeaux réclame un délai supplémentaire, autant pour vacciner le personnel que pour réorganiser les emplois du temps. Ils serons mobilisés ce 15 septembre devant l'hôpital Haut-Lèvêque.

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