Info locale

Bègles : le cri d'alerte du maire pour sortir des pesticides de synthèse

11 juin 2019 à 15h44 Par Florence Jaillet
Crédit photo : Pixabay

Clément Rossignol-Puech avait donné une mèche de ses cheveux en février pour l'analyser. Les résultats sont tombés.

"J'ai des pesticides en nombre, des raticides, des herbicides, des fongicides, des insecticides et également des intermédiaires de synthèses, des perturbateurs endocriniens, qui sont liés aux tissus d'ameublement ou aux retardateurs de flammes ou aux emballages alimentaires" expliquait vendredi le maire de Bègles, Clément Rossignol-Puech, alors qu'il restituait les résultats des analyses toxicologiques menées sur une mèche de ses cheveux, confiée le 23 février dernier à un laboratoire indépendant. Une iniative lancée avec le mouvement "Nous voulons des Coquelicots".

Il a eu beau chercher l'origine de ces pollutions, il n'a pas trouvé. Et pourtant, Bègles a banni les pesticides de ses espaces publics depuis 2006, ses produits d’entretien sont certifiés bio et ses cantines présentent plus de 50% de produits bio. "A titre personnel, je fais extrèmement attention, à savoir que mes produits d'entretien domestiques et mon alimentation sont bio. Malgré cela, je suis contaminé comme à peu près la moyenne des habitants de la France, par un effet cocktail qui, à terme, peut avoir des effets importants sur la santé".

Le maire de Bègles compte faire de ces résultats "un signal d'alarme, un petit relai des lanceurs d'alertes, qui disent que ce n'est plus possible de vivre dans cette soupe, dans ce cocktail chimique. Il faut réussir à s'en sortir, de cette dépendance aux produits chimiques, qui nous paraît une facilité mais qui induit tellement d'effets négatifs qu'il faut réussir à faire en sorte de s'en passer".

Plusieurs indicateurs montrent en effet une demande sociale grandissante sur la question des pesticides et l’évolution de l’agriculture. "Si l'on prend le développement de l'agriculture bio en France. On a eu 5 000 nouveau agriculteurs bio l'année dernière, on va passer les 2 millions d'hectares. La vente de produits bio c'est une croissance à 2 chiffres", explique François Veillerette, directeur de Générations futures et militant anti-pesticides. "Ce qu'il faut maintenant c'est que les autres modes de production évoluent de manière rapide".

L’appel du mouvement "Nous voulons des coquelicots" pour sortir des pesticides de synthèse a déjà rassemblé plus de 700 000 signatures. Chaque 1er vendredi du mois à 18h30, le mouvement appelle à un rassemblement festif et pacifiste devant les mairies de France et de Nouvelle-Aquitaine.

Écouter le podcast

Écouter le podcast

Écouter le podcast