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Cyclone Irma : Une bordelaise témoigne !

19 septembre 2017 à 10h46 Par Laure Deville
Crédit photo : @celineduprat

Cela fait plus de 10 jours maintenant que la tempête Irma a frappé les Antilles françaises et notamment l’île de Saint Martin. Une bordelaise en vacances là-bas est rentrée en début de semaine, elle nous raconte ce qu’elle a vécu.

« Je pense que nous avons pris ce cyclone trop à la légère ».

Céline a 28 ans, elle est bordelaise, pompiers de Paris. Elle pensait passer de belles vacances à l’île Saint Martin mais finalement tout ne s’est pas passé comme prévu. En effet, dès son arrivée elle apprend qu’un cyclone va frapper l’île. Heureusement pour elle, elle n’est pas seule et connaît des locaux sur l’île. Elle décide donc de se rendre chez des connaissances car elle ne se sentait pas assez en sécurité dans son hôtel.

A 8 dans un appartement au 1er étage, Céline nous raconte qu’ils sont restés confinés dès 21h. De 23h à 4-5 heures du matin, elle a essayé de dormir mais cela été quasiment impossible avec le bruit dehors « C’était terrifiant, on s’imaginait ce qu’il y avait dehors ». Le vent a alors commencé à s’intensifier, les murs tremblaient et finalement une baie vitrée s’est brisée. Les occupants ont donc décidé de se réfugier dans la salle de bains, à 8, avec 2 enfants de 5 et 7 ans. « On espérait une seule chose, que cela tienne ».

Au bout de quelques heures, c’est l’œil du cyclone qui est passé sous leurs têtes, une période d’accalmie qui leur a permis d’aller un peu dehors constater les premiers dégâts mais aussi prendre une douche avant l’arrivée de la 2ème vague de vents et de précipitations. « Il faut s’imaginer, qu’à 8 dans la salle de bains, sans clim, il fait plus de 35 degrés sans compter l’humidité, c’était intenable… »

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« On est tous à 0… »

Finalement, la 2eme parti a été moins forte que prévue. Au bout de quelques heures et après avoir entendu du monde à l’extérieur, Céline décide de quitter la salle de bain et de constater les dégâts. Dehors c’est catastrophique, tout est détruit. « C’est là que j’ai vraiment eu peur, que faire maintenant ? A-t-on pris assez de nourriture, d’eau potable ? » Céline se rend accompagnée dans différents endroits de l’île pour avoir des informations, aider les autres mais personne sur place, il aura fallu attendre 4-5 jours pour voir des hommes en uniforme.

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« Dans notre malheur, on se rend compte de la chance que l’on a, nous nous ne sommes que des touristes, eux ils ont tout perdu, au début, on pensait qu’après la tempête, la vie allait reprendre après avoir vu les dégâts on se dit que cela est impossible… »

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9 jours d’angoisse…

En attendant d’être évacuée, Céline a vécu 9 jours dans l’attente, à manger ce qu’elle trouvait et dans le stress de l’arrivée de José, un nouveau cyclone. Finalement, elle arrive à rejoindre la Guadeloupe puis la Métropole. Céline n’a pour l’heure pas assez de recul sur ce qu’il s’est passé, elle ne se sent pas traumatisée ou miraculée, elle a surtout une pensée pour tous ceux qui refusent de quitter l’ île et qui s’apprêtent à vivre le plus dur, reconstruire leur vie

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