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Endométriose : « les professionnels doivent être mieux formés »

08 mars 2019 à 12h23 Par Diane Charbonnel
photo d'illustration
Crédit photo : torange.biz

La semaine de l’endométriose est l’occasion de revenir sur cette pathologie qui touche une femme sur dix. La clinique Tivoli de Bordeaux accueille des femmes de toute la France atteintes de la maladie dans son service dédié.

Elle touche aujourd’hui une femme sur dix. Cette maladie, c’est l’endométriose. Il s’agit, comme son nom l’indique, d’une maladie de l’endomètre, cette couche de cellules qui tapissent l’intérieur de l’utérus pendant les règles. Chez les femmes atteintes d’endométriose, l’endomètre peut se déposer dans les trompes, le colon ou encore la vessie. Cette maladie est encore aujourd’hui très mal diagnostiquée.

Une maladie mal diagnostiquée

L’endométriose n’est en moyenne dépistée qu’au bout de 7 à 9 ans. « Il faut savoir que la question de l’endométriose n’est pas traitée dans le cursus médical général » explique le docteur Isabella Chavanez-Lacheray, gynécologue obstétricien, spécialiste de l’endométriose, à la Clinique Tivoli de Bordeaux et membre de l'association Endofrance. « Il faut former les médecins, mais aussi tous les professionnels de santé comme les infirmières scolaires ou les pharmaciens. Il faut également expliquer aux patientes que se tordre de douleur lorsqu’elles ont leurs règles n’est pas normal. » Les femmes atteintes d’endométriose souffrent en effet de fortes douleurs pendant leurs règles.

Le regard des autres

L’endométriose peut avoir de lourdes conséquences pour les malades, dans leur vie de tous les jours. « Certaines femmes ne peuvent pas se lever ou aller travailler tant les douleurs sont intenses, poursuit Isabella Chavanez-Lacheray. Lorsque la maladie n’est pas diagnostiquée, l’entourage n’est pas forcément compréhensif. Certaines femmes peuvent être traitées de « chochottes », ce qui est très culpabilisant. »

« Endométriose n’est pas synonyme d’infertilité » 

Contrairement aux idées reçues, l’endométriose n’entraîne pas forcément une infertilité. « Beaucoup de femmes, lorsqu’elles se savent atteintes d’endométriose, vont se renseigner sur internet. Mais non, l’endométriose n’est pas synonyme d’infertilité. La maladie peut entraîner une infertilité mais beaucoup de malades n’ont eu aucun problème pour obtenir une grossesse. C’est un message important à faire passer. »

Pour soigner la maladie, un traitement hormonal est indispensable. Un traitement de fond est également prescrit pour les douleurs. Certaines femmes peuvent également subir une opération chirurgicale.

La ministre de la santé, Agnès Buzyn, doit annoncer ce vendredi plusieurs mesures pour mieux diagnostiquer la maladie.