Quand l’intelligence artificielle devient les yeux du chirurgien

Publié : 6h00 par Alicia Méchin

Crédit image: Pixabay

À Londres, des neurochirurgiens ont utilisé pour la première fois une intelligence artificielle pour les assister en temps réel lors de l’opération d’une tumeur au cerveau.

Opérer le cerveau à quelques millimètres près est un exercice où l’erreur peut avoir des conséquences irréversibles. À Londres, des neurochirurgiens viennent pourtant de franchir une nouvelle étape en utilisant une intelligence artificielle pour les guider pendant une intervention particulièrement délicate, comme le révèle The Guardian. Le patient, Rhys Hibbert, 48 ans, souffrait d’une tumeur de 11 millimètres située au niveau de l’hypophyse, une petite glande à la base du cerveau. Le problème : la tumeur se trouvait à proximité des nerfs optiques et de plusieurs vaisseaux sanguins. En progressant, elle menaçait directement la vision du patient.

Pour les chirurgiens, la difficulté est donc de retirer la tumeur sans endommager les structures voisines. Et dans cette région du cerveau, quelques millimètres peuvent suffire à provoquer une cécité ou d’importantes séquelles neurologiques. C’est là qu’intervient l’intelligence artificielle. Pendant l’opération, une caméra filme en continu la zone sur laquelle travaillent les médecins. L’IA analyse ces images en temps réel et reconnaît différentes structures : nerfs, vaisseaux sanguins, tissus ou encore instruments chirurgicaux.

Le système fonctionne ainsi comme une sorte de carte dynamique du cerveau. Il identifie certaines zones et les met en évidence, permettant au chirurgien de mieux comprendre ce qu’il a devant lui et de repérer plus facilement les structures qu’il doit absolument éviter. Mais contrairement à ce que pourrait laisser penser l’expression « chirurgie assistée par IA », la machine ne prend pas les commandes. Elle ne choisit pas où couper et ne manipule aucun instrument. Le chirurgien reste entièrement responsable de son geste.

L’intérêt de l’IA est ailleurs : elle peut analyser en quelques instants une quantité considérable d’informations visuelles, parfois plus difficilement perceptibles à l’œil humain. L’opération, réalisée en mai, s’est soldée par un succès. Le patient est aujourd’hui totalement rétabli et a retrouvé une vision normale. Cette intervention pourrait surtout annoncer une nouvelle manière d’utiliser l’intelligence artificielle en médecine : non pas pour remplacer la main du chirurgien, mais pour augmenter ses capacités de perception. Dans une opération où quelques millimètres peuvent changer une vie, avoir de meilleurs yeux pourrait être presque aussi important qu’avoir une main plus précise.