Coronavirus : l'hôtellerie durement touchée en Gironde

11 mars 2020 à 7h00 par Florence Jaillet

Les hôtels accueillant la clientèle d'affaires sont les plus impactés.

Crédit : Wikimediacommons - Image d'illustration

Certains hôtels du département, et notamment de Bordeaux et de sa métropole, subissent des baisses de réservation et d'occupation allant jusqu'à 60%, selon l'UMIH33, l'Union des métiers de l'industrie hôtelière.

Le Coronavirus n'a pas qu'un impact sur notre santé. De nombreux secteurs économiques sont touchés depuis l’apparition et la propagation du virus : jouets, hi-fi.., mais aussi hôtellerie. Depuis une quinzaine de jours maintenant, les professionnels subissent des reports et des annulations en chaîne. "C'est assez disparate selon les établissements", détaille Laurent Tournier, président de l’UMIH33, l’Union des métiers de l’industrie hôtelière. "Les hôtels de luxe, qui traitent avec le tourisme d'affaires, sont assez durement impactés. Ils connaissent des problématiques de réservations, et surtout d'annulations, de plus en plus importantes, et à des termes qui sont de plus en plus lointains". 


Par ailleurs, les nouvelles mesures visant à interdire les rassemblements de plus d'un millier de personnes, prises par le gouvernement, ne vont pas arranger les choses. L'ensemble des manifestations supérieures à ce nombre sont, de fait, annulées. "A Bordeaux, on entre dans une période d'évenementiels, de salons... donc ça va poser, on le sait déjà, de gros problèmes", anticipe Laurent Tournier. Une véritable déception, d'autant plus que les mois de janvier et février ont été plutôt bons, après une longue problématique liée aux mouvements sociaux des gilets jaunes pour dénoncer la réforme des retraites en 2019. "On reprenait des couleurs".


Les premiers chiffres, qui restent à préciser, font état de baisses de 50 à 60% dans certains hôtels à l'activité importante à Bordeaux. A Paris, les taux d'occupation avoisinent les 10%, alors qu'ils sont plutôt en moyenne de l'ordre de 80 à 90%. L'hôtellerie "moyenne gamme" et "bas de gamme" continue à travailler à peu près correctement, même si là encore, les annulations commencent.



Les professionnels demandent le même type de mesures au gouvernement que celles prises pendant la crise des gilets jaunes, à savoir un allègement du dispositif fiscal via des reports de remboursements de prêts et de paiement de charges sociales…, le temps de la crise.


"Pour nos entreprises, c'est assez anxiogène de ne pas pouvoir prévoir, car nous avons beaucoup de personnel, un certain nombre de charges que l'on doit anticiper...", explique Laurent Tournier. "On espère que les choses vont vite revenir à la normale, même si nous sommes tout à fait conscients que, pour que les activités se remettent en ordre de bataille, ça va prendre un certain temps".