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Rédaction

AIRBNB pousse les bordelais hors du centre-ville !

13 avril 2017 à 20h38 Par Rédaction

Un an d'observation et d'étude du marché bordelais ont mené à cette conclusion. Les locations longues durées sont peu à peu remplacées par des locations saisonnières sur la plateforme Airbnb, plus rentables pour les propriétaires. Par Clara Guilliet

Bordeaux s’inquiète du phénomène Airbnb ! Un élu a lancé depuis un an un observatoire des annonces mises en ligne sur le site. Les résultats ont été dévoilés au mois d'avril. Conclusion : en un an, le nombre d’offres a augmenté de 113%….et pour la plupart des logements qui sont entièrement consacrés à cette location ponctuelle. Le problème, c’est que petit à petit les logements destinés à la location longue durée eux disparaissent. "84% des logements entiers proposés sur la plateforme sont entièrement dédiés à Airbnb. Ils viennent en diminution durable du parc de logement pour habiter la ville", analyse Mathieu Rouveyre, fondateur de l’Observatoire airbnb et vice-président du département de Gironde.

"J’ai entendu à plusieurs reprises dans mes permanences : je cherche un logement social parce que mon propriétaire met mon logement sur Airbnb", raconte l’élu socialiste, rappelant que 80 % de la population est éligible à un logement social.

5.071 offres de logements sur Bordeaux.

Le nombre de logements proposés à la location à Bordeaux sur Airbnb est en pleine explosion : entre mars 2016 et mars 2017, il est passé de 3.095 à 6.588, soit 113% selon le rapport de l'Observatoire.

Bordeaux pourrait à terme perdre des habitants.

La tendance de fond pourrait avoir des conséquences sur une démographie bordelaise pourtant en plein dynamisme avec l'arrivée de la LGV. "Dans certains quartiers, et c'est le cas en centre-ville, dans les Chartrons ou à Saint-Michel, les touristes remplacent les riverains. A terme, Bordeaux pourrait voir sa population diminuer." Mathieu Rouveyre se dit d'autant plus inquiet que le même phénomène a déjà été observé dans d'autres grandes villes et notamment Paris.

Eveiller une conscience citoyenne.

Alors comment réagir ? Le constat est évident : on gagne cinq à six fois plus en louant à la semaine que de façon durable. Difficile donc de concurrencer le système. "Toutes les grandes villes réfléchissent à des solutions, explique Mathieu Rouveyre. Barcelone et Madrid, par exemple, encadrent strictement les locations et limitent le nombre de jours autorisés de location pour un même bien". A Bordeaux, Mathieu Rouveyre estim qu'il faudra aussi faire preuve de plus de fermeté. "La taxe locative ne suffit pas, elle est répercutée sur le prix des locations. Il faut aussi faire de la prévention. Expliquer qu'en louant individuellement son bien, certes on arrondit ses fins de mois mais on participe à un phénomène collectif de gentrification des villes."