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Bac 2020 : une pétition dénonce le maintien de l’oral de français

07 avril 2020 à 15h49 Par Etienne Escuer
Image d'illustration. Une candidate passant une épreuve orale.
Crédit photo : Ecole polytechnique Université Paris-Saclay

Le choix du ministre de l'Education nationale de maintenir cette année l'oral du bac de français en Première est jugé « incohérent, inéquitable et dangereux », dénoncent des professeurs de Lettres.

Vendredi dernier, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale, avait annoncé que seule l’épreuve finale orale du baccalauréat de français serait maintenue cette année, le reste des disciplines étant uniquement évalués en contrôle continu, en raison du coronavirus. Le maintien de cette épreuve « paraît à la fois incohérent, inéquitable et dangereux », souligne une pétition sur change.org soutenue par le collectif Lettres Vives (professeurs de lettres) et l'Afef, l'Association française pour l'enseignement du français. Cette pétition, qui a recueilli plus de 3.000 signatures ce mardi 7 avril à la mi-journée, demande au ministre l'annulation de l'oral. « Cela ne revient-il pas à évaluer un travail pour partie effectué à distance, pendant le confinement ? », demande-t-elle.

"Génération sacrifiée"

Le ministre a annoncé que le nombre de textes serait allégé (douze pour les voies technologiques, quinze pour les générales). Mais « le bac de français 2020 comporte un entretien oral portant sur une œuvre intégrale dont la démarche ne saurait s’improviser », rappellent les signataires. Même si les élèves retournent en cours pour quelques semaines en mai et juin, cela ne permettra pas de rattraper le retard accumulé, notamment par les plus fragiles, estiment-ils, craignant que « l'oral de français ne se transforme en chambre d’enregistrement des inégalités sociales ». La pétition rappelle que les élèves de Première, qui inaugurent le bac nouvelle formule, font déjà figure de « génération sacrifiée » : ils ont déjà été confrontés à un changement de programmes, et à de nouvelles épreuves de contrôle continu (les E3C), qui « se sont parfois déroulées dans des conditions très mouvementées ». « Ils sont maintenant les seuls élèves à devoir faire face à une épreuve de baccalauréat à la fin de cette année, dans un contexte anxiogène », souligne le texte.

Enfin, les auteurs redoutent les « conséquences sanitaires de ces épreuves orales, pour les milliers de professeurs de Lettres concernés, comme pour les 500.000 élèves de Première et leur famille : espère-t-on vraiment organiser vingt minutes de face à face dans des conditions qui garantissent la sécurité des examinateurs et des candidats ? ». « Cela paraît, au mieux, illusoire, pour ne pas dire irresponsable », conclut la pétition.

(Avec AFP)