Bordeaux: incidents lors de l'évacuation du Grand-Théâtre occupé

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Le Grand-Théâtre de Bordeaux, monument de la fin du XVIIIe au c-ur de la capitale girondine, avait é
Crédit: CC BY Víctor Perea Ros

24 mars 2021 à 12h45 par Iris Mazzacurati

La mairie de Bordeaux a fait évacuer mercredi le Grand-Théâtre de la ville, occupé depuis le 15 mars, la police municipale autorisant les sorties mais bloquant l'entrée, une opération émaillée de quelques incidents.

"Il n'y a plus d'occupants à l'intérieur", a assuré le maire écologiste Pierre Hurmic à la presse à la mi-journée.

Dans un communiqué diffusé un peu plus tôt, le maire avait expliqué que les "activités artistiques et la sécurité des lieux n’étaient plus garanties à ce jour", demandant aux occupants de "quitter le Grand-Théâtre sans délai".

Le Grand-Théâtre de Bordeaux, monument de la fin du XVIIIe au cœur de la capitale girondine, avait été occupé le 15 mars par des intermittents du monde de la culture, avec le soutien de la CGT.

Néanmoins, de nouveaux occupants étaient arrivés le 18 mars, dont les revendications étaient plus proches de la "convergence des luttes" et de la lutte contre la précarité, amenant les précédents occupants à quitter les lieux.

"Force est de constater aujourd’hui que cette occupation ne s’inscrit plus dans la revendication nationale des acteurs culturels et que les occupants ne sont pas en mesure de garantir les conditions sanitaires et de sécurité initiales qui avaient été convenues avec la direction de l’Opéra", explique la mairie dans un communiqué, estimant que "les jauges et les gestes barrières ne sont pas respectés".

"De plus, les occupants ne contrôlant pas les entrées et les sorties, la circulation dans les lieux n’est absolument plus maîtrisée", ajoute la mairie.

« Du gaz et des coups »

Une demande d'expulsion a par ailleurs été déposée par la présidence du Grand-Théatre, dédié à l'art lyrique et à la danse, auprès du tribunal administratif.

Mercredi matin, plusieurs agents de la police municipale étaient postés devant les portes vitrées du Grand-Théâtre. "Personne ne rentre et ceux qui veulent sortir, sortent" mais toute sortie est "définitive", a expliqué un agent.

Une centaine de manifestants se sont rassemblés devant l'édifice, bloquant la circulation des tramways. Certains ont tenté de rentrer de force mais ont été repoussés par la police municipale qui a fait usage de gaz lacrymogène.

"Des policiers ont gazé, il y a eu des coups de matraque. Je suis encore sous le choc. C’était brutal", a déclaré l'un des occupants à l'AFP à sa sortie du théâtre.

Aristide, 20 ans, intermittent du monde du cirque, a expliqué à l'AFP faire partie de la trentaine d'occupants qui avaient en fait décidé de partir ce matin-là : "On voulait sortir ensemble la tête haute. On était une trentaine. Dehors, ils ont choisi sans nous prévenir de forcer. Il n’y a plus personne dedans je crois. C’était brutal mais dans les deux sens. Les flics ont répondu. Il y a eu du gaz et des coups".

"Cette évacuation, c’est l’exemple même de la division des luttes", a déploré un étudiant de 22 ans, sous couvert d’anonymat. "Notre lutte est devenue criminelle", a dénoncé un autre étudiant de 21 ans.




(Avec AFP)

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