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Info locale

Féminicide de Mérignac : des failles dans le suivi du mari, le gouvernement annonce six mesures

10 juin 2021 à 05h57 Par Diane Charbonnel
AFP/Medhi Fedouach
Crédit photo : La victime a été brûlée vive en pleine rue à quelques mètres de son domicile

Le gouvernement a annoncé six nouvelles mesures, mercredi soir, pour renforcer la protection des victimes de violences conjugales alors que les conclusions de la mission d’inspection, diligentée après le féminicide de Mérignac, début mai, pointe bien une série de failles dans le suivi du mari, meurtrier présumé de sa femme, et dans la protection de la victime brûlée vive en pleine rue.

Six nouvelles mesures ont été annoncées mercredi soir par le gouvernement pour mieux protéger les victimes de violences conjugales et lutter contre les féminicides.

Ces mesures font suite à la publication du rapport de la mission d'inspection diligentée après ce féminicide à Mérignac, début mai. Le rapport pointe bien une série de défaillances dans le suivi du mari multirécidiviste, meurtrier présumé de sa femme, et dans la protection de la victime qui a été brûlée vive en pleine rue.  

L'homme avait été condamné le 23 juin 2020 à 18 mois de prison, dont 9 mois avec sursis, pour violences conjugales en récidive. Depuis la prison, il continuait de téléphoner à son épouse pour la menacer. 

Il a été remis en liberté en décembre 2020 sous certaines conditions, notamment l'interdiction d'entrer en contact avec sa femme et l'obligation de se présenter tous les mois chez son conseiller pénitentiaire. 

En mars dernier, il a, malgré tout, une nouvelle fois, agressé violemment son épouse qui a porté plainte. Si la plainte a bien été traitée, un fichier a été mal rempli et la plainte a donc été mal transmise au parquet. 

À cela s'ajoute une mauvaise, voire une absence, de communication entre la police et l'administration pénitentiaire. Le mari était recherché suite à cette plainte. Il s'est pourtant présenté deux fois devant son conseiller pénitentiaire sans être inquiété. 

Une série de mesures annoncée

Suite à la publication de ce rapport, le gouvernement a annoncé, mercredi soir, une série de nouvelles mesures proposées par les auteurs du rapport pour renforcer la protection des victimes, dont certaines existent déjà ou ont déjà annoncées.

Ils préconisent "d'examiner la dangerosité" de l'auteur des violences "avant tout aménagement de peine". Pour cela, ils proposent de "modifier la loi afin que tout aménagement de peine soit précédée d'une expertise".

Ils recommandent aussi d'attribuer un "téléphone grand danger" à la victime, avant même la libération du conjoint violent, et de l'informer "systématiquement" de l'évolution de la situation de ce dernier. 

Le gouvernement a annoncé que 3 000 de ces téléphones seraient mis à disposition des victimes d'ici début 2022, soit une augmentation de "65% par rapport à aujourd'hui".

Le gouvernement prévoit aussi de renforcer le recours aux bracelets anti-rapprochement

Une fusion des fichiers de la police et de la justice est aussi préconisée pour éviter que des éléments soient mal transmis aux services comme cela a pu être le cas avant ce féminicide à Mérignac. 

Ils suggèrent aussi de mettre en place un fichier des auteurs de violences conjugales et "son partage" entre les services. 

Les auteurs du rapport proposent aussi que le comité de pilotage départemental des "téléphones grand danger" se réunisse deux fois par mois. Ce comité ne se réunit qu'une fois tous les six mois en Gironde actuellement. Il doit permettre de faire le point sur les attributions en cours et à venir des "téléphones grand danger".

Le jour du meurtre, à Mérignac, le mari aurait d'abord tiré sur sa femme avant de l'immoler par le feu. Il aurait expliqué en garde à vue s'être procuré des armes de manière illégale. Les rapporteurs préconisent également un "renforcement du contrôle et de la détention" d'armes.   

(source AFP)