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Info générale

Hommage à Samuel Paty : 400 violations et 3 mises en examen

06 novembre 2020 à 14h00 Par Iris Mazzacurati
Deux élèves sont poursuivis pour apologie du terrorisme.
Crédit photo : Rédaction / Etienne Escuer - Photo d'illustration

Trois lycéens de Cambrai dans le Nord ont été mis en examen pour "apologie du terrorisme" et "menaces" après l'hommage au professeur assassiné Samuel Paty, a-t-on appris vendredi auprès du parquet de Cambrai. Une minute de silence qui a connu 400 violations dans toute la France, selon le ministre de l’Education.

Deux de ces élèves ont été mis en examen mercredi et un troisième jeudi 5 novembre, a précisé Rémi Schwartz, procureur de Cambrai.

Deux sont poursuivis pour apologie du terrorisme, un troisième pour menaces. Ils sont âgés de 15 à 17 ans.

Les propos visés ont été tenus lundi lors de la discussion ayant suivi la minute de silence en hommage à Samuel Paty, professeur décapité le 16 octobre à Conflans-Saint-Honorine.

"On n'a pas du tout affaire à des gens inscrits dans un processus de radicalisation violente, y compris dans leur environnement familial", a souligné M. Schwartz.

400 violations de la minute de silence


L'Education nationale a, par ailleurs, recensé "400 violations" lors de la minute de silence organisée lundi 2 novembre en hommage au professeur assassiné, a annoncé vendredi le ministre Jean-Michel Blanquer.

"Il y a eu environ 400 violations de la minute de silence, dans des formes parfois légères, parfois lourdes", a-t-il expliqué sur RTL. "Bien entendu, chacune de ces violations est suivie de poursuites disciplinaires. Parfois même, il y a eu des poursuites pénales dans certains cas."

Ces cas les plus graves, où des poursuites pénales sont engagées, s'élèvent à "une dizaine environ", a détaillé le ministre, et peuvent relever de "l'apologie du terrorisme".

"Aucun incident ne reste sans suite", a-t-il assuré, sans pour autant privilégier l'exclusion des élèves.

"L'exclusion, c'est jamais une grande réussite en soi, ce qui est plutôt intéressant, c'est de parler avec les familles, de comprendre ce qui se passe, et d'aller voir plus loin avec les administrations sociales, et la police et la justice quand il y a lieu", a estimé M. Blanquer.

"Dans l'affaire Paty", où l'enseignant avait été pris pour cible par un parent d'élève sur les réseaux sociaux, "on voit bien que c'est le milieu familial qui a été terrible", a-t-il rappelé. "Donc, il faut tirer les leçons et être très attentif à là où en sont en sont nos élèves en termes de mauvaises influences qui s'exercent sur eux."

Le ministre a également redit que l'enseignement de l'éducation morale et civique doit être prochainement renforcé "pour que les enjeux de la liberté d'expression soient bien explicités."




(Avec AFP)