Montagne d'or : l'Etat contraint de "prolonger" les concessions controversées en Guyane

WIT FM
L'exploitation des concessions minières de la compagnie Montagne d'or menacerait deux réserves à hau
Crédit: Pixabay - photo d'illustration

24 décembre 2020 à 14h30 par Iris Mazzacurati

Le tribunal administratif de Guyane a enjoint jeudi 24 décembre l'Etat "de prolonger" les concessions minières de la Compagnie Montagne d'or en Guyane, annulant le refus implicite du ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

Les concessions minières de la compagnie Montagne d'or (CMO), d'une surface de 40 km2, sont situées dans les communes de Saint-Laurent du Maroni et Apatou, en pleine forêt, entre deux réserves à haute valeur de biodiversité.

La compagnie y envisage dans les prochaines années l'exploitation et le traitement par cyanuration en circuit fermé d'un gisement de 85 tonnes d'or. Provoquant ainsi une levée de bouclier d’une partie de la population et des défenseurs de l’environnements.

Or, le tribunal a "enjoint à l’État de prolonger", "dans un délai de six mois" les concessions, clés de voute de ce projet minier controversé dit de la Montagne d'or.

Il a ainsi "annulé" le refus implicite de M. Le Maire de prolonger les concessions minières de la Compagnie Montagne d'or en Guyane.

Un "défaut de contestation sérieuse"

S'appuyant sur le dépassement du délai réglementaire d'instruction de deux ans, le ministre de l'Economie avait implicitement rejeté le 21 janvier 2019 le renouvellement pour 25 ans des concessions minières de la compagnie Montagne d'or (CMO), portant alors juridiquement un coup d'arrêt au plus grand projet d'extraction d'or primaire jamais proposé en France, porté par le consortium russo-canadien Nordgold-Columbus Gold.

Le tribunal administratif a considéré que CMO "présente suffisamment d’éléments justifiant de ses capacités techniques et financières pour exploiter les concessions".

La justice a aussi souligné le "défaut de contestation sérieuse" de M. Le Maire, pour justifier son rejet implicite.

Lors de l'audience du 3 décembre, le rapporteur public avait pointé du doigt, dans ce contentieux, la "faiblesse" et l'absence de "pertinence" des arguments de l'État pour justifier son refus. C'est un "point difficile du dossier" qui n'est "pas à l'avantage de l'administration" avait ajouté le rapporteur public.

(Avec AFP)

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