Pénurie de médicaments : encore des tensions en ce début d'année 2023

WIT FM
Image d'illustration. Une pharmacie parisienne.
Crédit: Commons - flightlog

10 janvier 2023 à 16h33 par Élodie Quesnel

Les pharmaciens ont donné l'alerte depuis plusieurs mois. Difficile de se procurer certains médicaments à base de paracétamol et d'amoxicilline. Des ruptures de stocks qui perdurent en ce début d'année 2023.

Une situation inquiétante pour les pédiatres et l'ensemble des professionnels de santé. 70% des pharmacies françaises se retrouvaient, fin 2022, en rupture de stock sur des médicaments présentant une molécule d'amoxicilline ou de paracétamol. En majorité, des médicaments pédiatriques. 

Encore des tensions pour le mois de janvier

Les causes d'une telle situation de rupture sont au nombre de deux pour Philippe Besset, pharmacien et président de la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France. "La première est assez lointaine. On a laissé la production française et européenne de ces molécules, matières premières de nombreux médicaments, partir à l'étranger. Du coup, on ne peut pas réagir rapidement sur la fabrication. Et puis la deuxième raison, c'est bien sûr cette triple épidémie qui déferle sur notre territoire."

Malgré les réunions entre fédérations de pharmaciens, laboratoires pharmaceutiques et associations de consommateurs, la situation va rester tendue encore en janvier. "Il faut attendre que les virus passent pour retrouver un niveau de stock correct. Pour le moment, on tente de se débrouiller. On cherche des solutions pour pouvoir soigner avec d'autres médicaments."

Un effet domino ?

C'est en tout cas une situation jamais vu par la profession. Des discutions ont eu lieu pour éviter qu'une telle situation se réitère l'hiver prochain. 

Et les pharmaciens craignent une autre difficulté : un effet domino pour les médicaments adultes. "On a mis le paquet pour remonter les stocks sur les médicaments pédiatriques et ça pourrait ralentir la production pour adultes. Il faut donc éviter de tomber malade. Et faire donc de la prévention."