Singapour promet une grosse somme par enfant pour tenter de relancer les naissances

Publié : 6h00 par Alicia Méchin

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Face à une natalité au plus bas historique, Singapour renforce massivement les aides destinées aux familles.

À Singapour, avoir un enfant pourrait bientôt devenir une opération particulièrement soutenue par l’État. Confronté à une natalité historiquement faible, le gouvernement renforce considérablement les aides financières destinées aux familles. Au total, les différents dispositifs peuvent représenter près de 70 000 dollars singapouriens par enfant au cours de son enfance. Dans le détail, chaque bébé recevra près de 17 000 euros à sa naissance, 1700 euros en moyenne tous les ans jusqu’à ses 16 ans, et enfin près de 7000 euros vers 17 ans pour financer ses études.

L’objectif est clair : convaincre davantage de couples de devenir parents, alors que le pays connaît depuis plusieurs années une baisse continue du nombre de naissances. Les autorités ont déjà mis en place de nombreuses mesures : allocations à la naissance, aides pour les dépenses liées à l’enfant, soutien à l’éducation ou encore dispositifs permettant de réduire le poids financier de la parentalité.

Car à Singapour, le coût de la vie constitue l’un des principaux freins évoqués par les couples. Le logement, l’éducation et les dépenses quotidiennes peuvent peser lourdement dans le budget des ménages. À cela s’ajoutent des évolutions sociales : les habitants se marient plus tard et ont tendance à avoir moins d’enfants.

Mais le gouvernement se heurte à un problème : l’argent ne semble pas suffire à inverser la tendance. Malgré des politiques familiales déjà généreuses, le taux de fécondité reste extrêmement bas. Cette situation pose surtout un problème économique à long terme. Moins de naissances signifie une population qui vieillit, avec progressivement moins d’actifs pour travailler, financer les retraites et faire fonctionner l’économie.

Et c’est là tout le paradoxe de la stratégie singapourienne. Le pays veut encourager ses habitants à avoir davantage d’enfants, mais il ne peut pas attendre que ces futurs enfants deviennent adultes pour répondre à ses besoins de main-d’œuvre. Même si les politiques natalistes fonctionnent, leurs effets ne se feront sentir que dans plusieurs décennies.

Dans l’immédiat, Singapour doit donc continuer à attirer des travailleurs étrangers. Le pays mène ainsi deux politiques en parallèle : investir massivement pour tenter de faire remonter la natalité et maintenir une immigration suffisante pour compenser, à court terme, le vieillissement de sa population. Un constat qui résume toute la difficulté des politiques natalistes : on peut inciter à faire des enfants, mais on ne peut pas fabriquer une génération active en quelques années.