Repenser nos déplacements : avec Avatar Mobilité, « l’idée n’est pas d’opposer les solutions »

Repenser nos déplacements : quelles alternatives et à quel prix ?
Le projet Avatar Mobilité, dont la mise sur le marché est prévue pour 2024.
Crédit: DR

25 janvier 2023 à 6h00 par Lucas Pierre

Dans ce troisième volet de notre série sur les déplacements, la rédaction de Wit FM tente d’apporter une réflexion autour de notre rapport à nos trajets motorisés du quotidien.

On évoque certainement ici l’un des points les plus importants de la transition énergétique dans le domaine des transports. Au-delà des avancées technologiques qui permettent de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, doit-on plus globalement remettre en question nos déplacements ? Doit-on revoir notre rapport à l’utilisation de notre véhicule ? La question est centrale car elle implique un changement dans notre mode de consommation, voire notre mode de vie, dont l’impact sur le climat est non-négligeable. On l’a déjà compris dans cette série sur les nouvelles mobilités, se tourner aujourd’hui vers un véhicule électrique restera, quoi qu’il arrive, une alternative moins polluante que son équivalent thermique. Tout d’abord parce que les batteries sont à ce jour mieux conçues ! Et surtout, la question du recyclage n’est plus réellement un sujet comme il pouvait l’être il y a encore quelques années. De nombreuses entreprises du secteur y travaillent. Et on sait aujourd’hui, par exemple, réparer des batteries en fin de vie, ou encore tout simplement les réutiliser dans un domaine tout autre que le déplacement.

Désormais se pose la question des alternatives qui nous sont proposées pour décarboner nos déplacements. Aurélien Bigo, chercheur sur la transition énergétique dresse la liste de nos options : « Tout d’abord, l’électrique, dont on parle beaucoup, notamment pour la voiture. C’est ce qui va être le plus pertinent. On a aussi l’hydrogène, qui va être un complément à l’électrique. Il a certains défauts par rapport à l’électrique, notamment un coût plus important, plus de besoins énergétiques pour réussir à produire l’hydrogène. En troisième option on a aussi les bio-carburants. Ça permet de garder le même type de véhicules au pétrole mais de passer à des carburants produits à partir de biomasse, donc à partir de cultures etc.. Et puis il y a aussi le bio-gaz qui va être un peu le même type de carburant que les bio-carburants, mais ça demande de changer les moteurs ».

Le projet Avatar Mobilités

Malgré toutes ces options, de nombreuses alternatives restent à développer. Notamment pour les zones rurales, qui restent encore aujourd’hui dépourvues de solutions adaptées au territoire. C’est, en partie, pour palier à cette problématique que Frédéric Mourier s’est lancé dans le projet Avatar Mobilité. Concrètement, il s’agit d’un petit véhicule 100% électrique. Il possède, comme ses semblables, une batterie, bien que plus petite. Et il est aussi en mesure de se recharger tout seul grâce à des panneaux solaires installés sur son toit.

L’objectif est aussi de proposer un véhicule moins cher à l’achat que certains électriques déjà très onéreux. « En multipliant des petits véhicules comme les nôtres, à passager équivalent et à kilomètres parcourus équivalents, si on est déjà mieux placés en termes de coûts et d’impact que des bus à hydrogène, ou équivalent, c’est pertinent » explique-t-il. Car le projet est victime, de temps en temps, de certaines critiques, notamment sur la raison réelle de son existence.

Frédéric Mourier, du projet Avatar Mobilité

« L’idée n’est pas d’opposer les solutions, bien au contraire » affirme Frédéric Mourier. « C’est de dire, quand on veut se rendre dans une gare, qu’elle soit ferroviaire ou routière, comment on y va ? Est-ce qu’on a des solutions de déplacement sobres, elles aussi ? ». Car une fois de plus, comme l’expliquait Aurélien Bigo, les alternatives pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre dans les transports ne sont pas entièrement propres. Elles sont cependant complémentaires. L’objectif d’Avatar Mobilité est donc « de proposer, par exemple, des véhicules qui permettent de faire les dix derniers kilomètres ou les dix premiers kilomètres pour rejoindre les transports en commun ». Une solution qui devrait voir le jour à l’horizon 2024.