Un restaurant du Haut-Rhin crée la polémique en interdisant les enfants

Un restaurant du Haut-Rhin crée la polémique en interdisant les enfants
Un restaurant du Haut-Rhin crée la polémique en interdisant les enfants
Crédit: DR / Capture d'écran Facebook

8 décembre 2022 à 15h55 par A. L.

En raison d'éventuels désagréments causés par la présence d’enfants au sein de son établissement, un restaurateur du Haut-Rhin a tout simplement décidé de leur interdire l'accès à son établissement.

Dans le Haut-Rhin, et plus exactement à Ribeauvillé, un restaurant s'est attiré le feu des critiques pour avoir décidé d'interdire les enfants dans son enceinte. Le buzz a éclaté après qu'une famille se soit vu refuser l’entrée de l'établissement ce dimanche 4 décembre, lors du marché de Noël. "Ma petite-fille était en pleurs, toute la famille était sous le choc. Après avoir attendu une demi-heure dehors, la serveuse nous a dit qu’elle ne pouvait pas nous servir car nous étions en compagnie d’un enfant. Nous n’avions pas vu le panneau sur la porte", a témoigné Chantal Ruh, une grand-mère venue avec sa fille, son gendre et sa petite-fille de 4 ans, auprès des Dernières Nouvelles d'Alsace.

"J’ai interpellé les gendarmes présents au marché, mais ils m’ont dit que l’affaire serait renvoyée au parquet, que cela prendrait beaucoup de temps et que la plainte serait sans doute classée sans suite. Nous n’en avons donc pas déposé. Moi, je veux qu’on agisse vite", a-t-elle continué, encore très émue par la situation. L'Alsasienne ne compte pas en rester là et a déjà fait appel à la répression des fraudes, l’autorité contre la discrimination des enfants, l'Union des métiers et des industries de l’hôtellerie et l’office de tourisme. Son post publié sur Facebook a également fait réagir des milliers d'internautes.

 

 

 
 

"90 % des enfants sont super mal élevés"

 

Après avoir reçu de nombreuses critiques, mais également des messages de soutien, Bénédicte Langer, patronne du Pfifferhus, a consenti qu'elle n'aurait "pas dû mettre ce mot sur la porte". Néanmoins, elle n'en démord pas et affirme qu'elle continuera "à refuser les enfants mal élevés". "90 % des enfants sont super mal élevés. Ce sont des enfants rois. Ils touchent à tout, crient, courent, abîment nos décors de Noël, mettent leurs chaussures sales sur les banquettes. Une petite fille a même mordu dans un verre pour essayer de le casser. Les parents nous ont dit que c’était de notre faute parce que nos verres n’étaient pas de bonne qualité. Quand on fait des remarques aux parents, ils nous insultent.", a déploré cette maman de quatre enfants au média régional. 

 

Que dit la loi ?

 

Comme le rappelle BFMTV, les articles 225-1 et 225-2 du Code pénal indiquent qu'il est "interdit à tout commerçant de discriminer et donc de refuser la vente d'un produit ou d'un service en fonction de l'âge ou de la situation familiale". "Lorsque le refus discriminatoire est commis dans un lieu accueillant du public ou aux fins d'en interdire l'accès, les peines sont portées à cinq ans d'emprisonnement et à 75.000 euros d'amende", est-il précisé sur le texte officiel. 

Une loi qui fait sens selon Jean-Jacques Better, président de l’Umih 68, qui trouve cette interdiction "scandaleuse, honteuse et indigne d’un professionnel". "On peut interdire l’accès aux chiens, pas aux enfants !", a-t-il scandé.