À 15 ans, un lycéen français conçoit une main bionique à moins de 60 €

Publié : 6h00 par Alicia Méchin

Crédit image: New Hand

À seulement 15 ans, Firmin Forney, lycéen de première, a créé une prothèse pour la main, à petits prix.

Ce jeune habitant de Compreignac (Haute-Vienne) bouscule les idées reçues sur les prothèses. Passionné de mécanique, d’électronique et d’impression 3D, il a imaginé et développé une main bionique accessible et peu coûteuse, baptisée New Hand. Son objectif est simple mais ambitieux : que des personnes amputées puissent se fabriquer une prothèse fonctionnelle pour environ 60 €, un prix dérisoire comparé aux modèles commerciaux qui peuvent coûter entre 15 000 et 150 000 €.

Firmin travaille sur son projet depuis l’été dernier. Après une première version très simple, il a rapidement développé une seconde plus fonctionnelle, capable de saisir et d’utiliser des objets. Il collabore notamment avec un camarade directement concerné par l’amputation pour améliorer les fonctionnalités et l’ergonomie de sa main bionique.

La New Hand est open‑source : les fichiers de conception, le code, ainsi que la liste complète des composants nécessaires sont disponibles gratuitement sur son site personnel. Cette transparence permet à quiconque de télécharger les plans et d’imprimer la prothèse en utilisant une imprimante 3D, ce que Firmin a lui‑même fait pour ses prototypes.

La créativité de Firmin ne date pas d’hier. Depuis son plus jeune âge, il démonte des jouets, conçoit des mécanismes et invente des dispositifs pour comprendre comment les objets fonctionnent. Il a transformé sa chambre en véritable atelier où se mêlent fer à souder, matériel de récupération et imprimante 3D, passionnément guidé par sa curiosité.

L’un des défis techniques majeurs qu’il a relevés a été de concevoir des doigts articulés qui se ferment correctement, avec le bon équilibre entre longueur, force et précision. Chaque version de la prothèse a ainsi nécessité de nombreux tests et ajustements pour réussir à imiter la complexité des mouvements naturels d’une main.

Pour l’instant, le système de contrôle de la prothèse utilise des capteurs simples qui détectent la flexion du bras ou du coude pour ouvrir ou fermer la main, et une application mobile permet même une commande vocale. Mais Firmin ne compte pas s’arrêter là : sa prochaine étape est d’intégrer des électrodes qui détectent l’activité musculaire, comme dans les prothèses les plus avancées vendues aujourd’hui.

À travers New Hand, ce jeune inventeur montre qu’ingéniosité, open‑source et technologies accessibles peuvent ouvrir de nouvelles voies dans le domaine de l’assistance aux personnes amputées, et démocratiser des solutions souvent hors de portée financièrement.